Face à vous, le pigeonnier, appelé Fuye dans notre région. Construit dans la seconde moitié du 16è siècle, c’était une autorisation royale donnée aux Seigneurs qui leur conférait le droit de construire un pigeonnier, dont l’importance était calculée à raison d’un boulin (soit un dortoir de pigeon) par arpent de terre possédé. Celui-ci a un diamètre de dix mètres. Il est dressé sur une cave voûtée… mais, rassurez-vous, la porte est en chêne, et la serrure de bonne sécurité !
En haut de ce pigeonnier, sur l’espace servant d’ouverture pour l’entrée des pigeons, un dodécaèdre (étoile à douze pointes). De grandes polémiques divergent sur la signification de cet embellissement. Certains reconnaissent dans cette pierre taillée, la marque des francs-maçons, d’autres des alchimistes, d’autres encore, et cette thèse est peut-être plus réaliste, précisent que cette pièce correspond aux douze signes du zodiaque représentant eux-mêmes l’univers tout entier.
L’intérieur du pigeonnier a été transformé au 18è siècle en relais de chasse à courre. Les ouvertures ont été créées à cette époque et permettent une habitation sur deux niveaux.
Le mur en arc de cercle qui borde la pièce d’eau devait séparer ce noble bâtiment de la partie agricole. Vous remarquerez sur votre droite une soue à cochons. Ce mur servait également d’appui pour les multiples petits bâtiments destinés à la basse-cour. En revanche, on s’interroge encore sur l’utilité des ouvertures dans ce mur.
En face du pigeonnier, sur l’autre rive de la mare, ce banc de pierre n’était pas encore là, laissant place à un plan incliné permettant aux bovins et chevaux d’aller boire.
La cour, dont la largeur est égale à la longueur des bâtiments, donnant ainsi un carré parfait, était encore pavée jusqu’à la moitié du 20è siècle.
Construits au 17è siècle, les deux bâtiments sont presque symétriques et mesurent sept mètres de large et cinquante mètres de long. Les deux corps de bâtiment ont été réalisés exclusivement en pierres de Villaines-la-Carelle, extraites à l’époque des carrières de l’impressionnante abbaye de Perseigne par les moines et leurs acolytes. La construction est faite sans fondation, sur deux niveaux, le premier pour l’exploitation, le second pour le stockage de paille, foin, grains ou peut-être quelques trésors...
Bernard et Martine vous accueillent...
